Side portrait of old woman reading concerning text on smartphone at cafe

Conversations essentielles avec Dre Amy : Faire participer ses frères et sœurs aux soins prodigués aux parents

Vous êtes le proche aidant de vos parents, et vous trouvez cela frustrant que les autres membres de votre famille n’en fassent pas plus pour vous aider?

Si c’est le cas, je vous suggère de renoncer à ce rôle. Je ne vous dis pas de cesser complètement de prendre soin de vos parents, mais simplement que vous ne devriez plus être l’unique proche aidant. Je vous encourage plutôt à être le principal aidant au sein d’une famille d’aidants. Je vous assure que ce n’est pas seulement une question de sémantique; c’est une façon d’influencer positivement votre expérience, d’améliorer vos relations avec les autres membres de votre famille et de prodiguer de meilleurs soins à vos parents. À partir du moment où l’on décide d’être le principal aidant dans une famille d’aidants, on permet aux autres de jouer un rôle plus actif dans les soins, et on peut arrêter de faire cavalier seul.

Demandez-vous pourquoi vos frères et sœurs ne vous aident pas

Vous vous demandez peut-être pourquoi vos frères et sœurs n’en font pas plus pour vous aider à prendre soin de vos parents. Après tout, ce sont leurs parents à eux aussi! Il n’y a pas une seule bonne réponse à cette question. L’une des raisons courantes est que tout comme vous, vos frères et sœurs mènent une vie très occupée et peinent peut-être à jongler avec toutes leurs responsabilités. S’ils ignorent que vous avez du mal à gérer vos propres responsabilités, ou s’ils ne réalisent pas que vos parents ont besoin d’une aide supplémentaire, cela pourrait expliquer pourquoi ils ne vous offrent pas d’en faire plus et qu’ils ne vous demandent pas quelle aide vos parents et vous avez besoin.

Dans les faits, la plupart des gens avec qui je travaille sont plus disposés à participer aux soins et à prendre des responsabilités lorsqu’ils prennent conscience de l’ampleur du travail que cela représente pour une seule personne, mais aussi lorsqu’on leur demande de l’aide pour certaines tâches précises.

Dressez un tableau complet de la situation à votre famille

Il faut également savoir qu’habituellement, le principal aidant en sait beaucoup plus sur les besoins de ses parents et sur l’évolution de leur état de santé que le reste de la famille. Les membres de la famille qui ne font que des visites occasionnelles ont seulement un aperçu de ce qui se passe avec leurs parents. Selon le jour de la semaine, cet « aperçu » pourrait les porter à croire (à tort) que les choses vont beaucoup mieux ou beaucoup moins bien que ce qui se passe normalement. À l’inverse, le principal aidant entretient un contact beaucoup plus régulier et il voit ce que j’appelle le « film » de la vie de ses parents. De là l’importance de trouver des moyens de tenir ses frères et sœurs mieux informés si l’on souhaite qu’ils s’impliquent davantage.

L’une des façons d’y parvenir est que le principal aidant  crée une liste des adresses courriels des membres de la famille et  qu’il leur  envoie des mises à jour régulières. Un texto de groupe constitue également un bon moyen de transmettre des informations de façon plus immédiate. Il existe aussi un formidable site Web appelé Caring Bridge, qui permet aux utilisateurs de publier des mises à jour, de partager des photos, d’envoyer des messages et de coordonner les soins. Quel que soit le moyen que vous privilégiez pour communiquer avec l’ensemble de la famille, cela peut vous éviter, comme principal aidant, de répéter les mêmes informations à chaque personne.

Ayez des discussions proactives sur le rôle de chacun

Dans la mesure du possible, n’attendez pas d’éprouver du ressentiment et de vous épuiser à la tâche avant de demander de l’aide à vos frères et sœurs. Ayez plutôt des discussions de planification proactives. Plus tôt vous aurez ces conversations, mieux ce sera. Exprimez clairement ce que vous êtes disposé à faire et en mesure d’accomplir,  puis demandez de l’aide de façon plus détaillée. Les gens ont tendance à mieux réagir lorsqu’on leur fait des demandes spécifiques et limitées dans le temps. Si vous avez besoin d’une aide plus suivie, songez à confier une responsabilité précise à un autre aidant de la famille. Par exemple, si un de vos parents a besoin d’aide pour prendre son bain ou manger, demandez à un de vos frères et sœurs de s’en occuper ou de s’arranger pour qu’une autre personne y veille.

Si vos frères et sœurs vivent loin de chez vous, vous pouvez toujours les faire participer aux discussions grâce à Skype, Zoom, WhatsApp ou FaceTime. Ces moyens de communication permettent à tous les interlocuteurs de se voir, ce qui est très pratique. Il y a très certainement des tâches que même vos frères et sœurs éloignés peuvent assumer. Par exemple, ils peuvent téléphoner régulièrement à vos parents pour leur faire plaisir, organiser les visites chez le médecin, gérer les finances ou encore fournir un répit au principal aidant.

Impliquer ses frères et sœurs peut parfois sembler impossible. Cela dit, j’ai souvent entendu des membres de la famille dire : « Je peux très bien faire ceci ou cela, je ne savais pas que tu avais besoin d’aide. Tu semblais si bien t’occuper de tout », alors que le principal aidant se sentait complètement dépassé et surchargé. Pour donner des soins, tout comme pour élever des enfants, il faut tout un village. Assurez-vous de ne pas prendre toutes les responsabilités sur vos épaules!