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Conversations essentielles avec Dre Amy : Planifier ses vieux jours

Au cours de ma carrière, j’ai eu le plaisir de discuter avec des milliers de Canadiens au sujet de leurs années de retraite. Pour plusieurs, cette période de la vie peut durer une vingtaine ou une trentaine d’années – voire plus! J’ai cependant constaté que les grands projets sont habituellement entrepris pendant les premières années de retraite. Au nombre de ces projets, les voyages se retrouvent en tête de liste, suivi de près par le bénévolat, la reprise d’une activité ou d’un loisir qui avait été négligé faute de temps, les réunions familiales et même le travail à temps partiel.

J’ai également remarqué que les gens qui commencent à planifier leur « fin de vie » de façon proactive le font dès les premières années de leur retraite. Cela peut prendre la forme d’un testament, de directives médicales anticipées ou encore d’arrangements funéraires. Souvent, ils me disent qu’ils préfèrent régler ces détails à l’avance pour s’assurer que leurs volontés seront respectées ou pour simplifier les choses pour leur famille.

Ce qui m’a frappée, par contre, c’est que de nombreux aînés évacuent de leur planification une étape importante de la vie, qu’on appelle les « vieux jours », soit la période entre le début de la retraite et la fin de vie. Pourtant, cette période peut durer très longtemps! Il n’y a pas d’âge précis pour marquer le début de ces années, mais on a noté que pour la plupart des gens, cela se situe après le cap des 80 ans. C’est à ce moment que surviennent plus couramment les problèmes de mobilité et de santé qui peuvent modifier nos habitudes de vie. Je pense qu’il s’agit d’une des principales raisons pour lesquelles les gens négligent cette période de la vie. De prime abord, le fait d’envisager des changements sur le plan de la mobilité ou de la santé peut paraître inquiétant, voire franchement désagréable, mais avec un peu de planification, ces années peuvent être certaines des plus enrichissantes et intéressantes de la vie.

Dans la même perspective : songeriez-vous à assister à un concert en plein air par une chaude journée d’été vêtu de votre manteau d’hiver le plus épais? Bien sûr que non! La raison pour laquelle vous ne portez pas vos vêtements d’hiver en plein été, c’est que vous vous adaptez au temps qu’il fait pour vous sentir à l’aise en tout temps. Vous avez planifié la saison à venir en vous procurant à l’avance les vêtements appropriés. Il en est de même pour les différents chapitres de votre retraite, il est important de s’adapter et de s’y prendre d’avance afin de profiter en permanence de la qualité de vie que vous désirez.

De toute évidence, nous ne sommes pas en mesure de prévoir quels changements sont susceptibles de se produire au cours des dernières étapes de la vie, d’où l’importance d’avoir un plan pour parer à toute éventualité. C’est ainsi qu’on garde les deux mains sur le volant : en planifiant de façon réaliste les changements qui pourraient survenir, et en étant prêt à mettre en œuvre ce plan en cas de besoin.

Voici certaines questions qui pourraient vous aider dans votre planification :

Considérant le lieu où j’habite maintenant, s’il devait y avoir des changements dans ma santé ou ma mobilité ou dans celles d’un proche (conjoint, par exemple), est-ce que je pourrais…

1) voir mes amis facilement, ou serais-je isolé?

2) continuer à faire mes courses, la cuisine et mes tâches ménagères quotidiennes sans problème?

3) entretenir ma maison sans que les responsabilités qui en découlent accaparent tout mon temps et toute mon énergie?

4) conduire ma voiture, si c’est essentiel au maintien de mon style de vie?

5) continuer à pratiquer les activités que j’aime?

La bonne nouvelle, c’est que si vous concluez que votre milieu de vie actuel ne pourrait pas vous offrir la qualité de vie que vous désirez pour vos vieux jours, plusieurs options s’offrent à vous. Bon nombre d’aînés choisissent la vie en résidence, car cela leur permet de passer du temps avec leurs amis, de s’adonner à des activités qu’ils aiment et de profiter d’un cadre autonome et intime, tout en étant libérés des nombreuses responsabilités liées à l’entretien de la maison. Certains autres préfèrent continuer de vivre dans leur maison et peuvent malheureusement observer une diminution de leur qualité de vie au fil des années qui précèdent leur emménagement dans une résidence. Une réflexion plus approfondie sur cette période de leur vie leur aurait sans doute permis de mieux adapter leurs conditions et leur milieu de vie en fonction de leurs besoins changeants.

À toutes les étapes de notre existence, nous tenons à conserver notre liberté de choix et notre autonomie. Le fait de préparer nos vieux jours et de s’adapter en conséquence est un moyen de garder le contrôle et permet également de s’ouvrir à de nouvelles aventures, dans un milieu épanouissant.